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Ce type de nourriture, si elle peut parfois caler l’estomac, n’en est pas moins déficitaire en vitamines. Pour palier ces manques, préjudiciables à la santé, il n’existe qu’un moyen : cultiver des légumes. En plein accord avec nos médicaux nous avons décidé de créer un potager.
Son emplacement a été choisi en contrebas du village. Ce bas-fond est régulièrement inondé durant la saison des pluies (Juillet et Août). On peut puiser l’eau à quelques mètres jusqu’en Avril Mai. Tous les troupeaux de zébus des environs y viennent s’abreuver régulièrement.
Compte tenu de la population du village de Siralo et de Yamou (village situé à proximité) il a été décidé que ce potager aurait dans un premier temps une superficie de 5000 m2. Ce terrain est entièrement clôturé, son portail ferme à clef, son accès est interdit au bétail ainsi qu’aux visiteurs désœuvrés. Un puits et un bassin tampon assurent l’alimentation en eau.
La première difficulté pour mettre en culture est de trouver des graines de semence, sur place elles sont rares et chères. Nous avons donc amené des graines de France en quantité. Notre but était donc d’assurer l’approvisionnement jusqu’à l’autonomie complète comme pour le dispensaire.
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La seconde difficulté pour que les graines sortent de terre est l’arrosage. Pour simplifier les choses nous avions pensé à un système goutte à goutte familial généreusement offert par la maison NETAFIM. Ce système fonctionne avec 150 grammes de pression et permet d’arroser 500 m2. Il comporte outre un fût de 200 litres monté sur deux piliers de 1,5 mètres de hauteur, un filtre à eau démontable et une vanne d’arrêt. Au sortir de cette installation l’eau est amenée aux lignes d’arrosage par un tuyau de fort diamètre de 20 mètres de long. Ces lignes se branchent très facilement sur l’arrête centrale, elles ne doivent pas dépasser chacune 25 mètres de long et comportent tous les 30 centimètres un régulateur de débit intégré à l’intérieur de la ligne. Les régulateurs font que le débit est uniforme d’un bout à l’autre de l’installation, chaque plante reçoit la même quantité d’eau. L’avantage d’un tel système, outre les économies d’eau, est que la plante est arrosée lentement au pied et que celui-ci reste très longtemps humide l’évaporation étant minime. Deux atouts supplémentaires sont à porter au crédit d’un tel système: l’herbe ne pousse pas car la plante est arrosée au pied en un point, il y a également moins de maladie les feuilles n’étant pas touchées par l’eau. |
La mise en eau et les premières semailles ont eu lieu fin Novembre 2002. Trois jours après tout germait : maïs doux, haricots à rames, haricots verts, choux, carottes, tomates. Cependant en raison de l’état des puits, partiellement effondrés car non terminés à l’époque des pluies, l’eau puisée était chargée de terre et le système d’arrosage se colmatait. Pour pouvoir continuer l’arrosage il a fallu la décanter dans un fût supplémentaire avant de la transvaser dans le bidon du système.
Repartis de SIRALO avec beaucoup d’espoir, la nouvelle nous parvint en Mars 2003 que le système était entièrement colmaté et que les plantes étaient desséchées. Avant d’installer ce type d’arrosage il aurait fallu pérenniser le fonctionnement du potager par des méthodes plus traditionnelles. En conséquence tout a été démonté de façon à revenir en arrière, le système sera monté à l’école si nous avons la possibilité d’y creuser un puits.
En Novembre de 2003 et Mars 2004 se sont tenues plusieurs réunions pour tenter de mettre en culture ce potager. La création d’un comité de gestion et la mise à disposition gratuite de parcelles individuelles furent décidés.
Lors de notre mission de Novembre 2004 nous avons constaté avec soulagement que le jardin comportait 128 parcelles cultivables. Il en restait une trentaine à répartir mais les autres étaient en cours de culture, ça été pour nous un encouragement..
Le potager en 2005-2006 a connu des difficultés de gestion. Par ailleurs les villageois avaient abandonné depuis longtemps les cultures maraichères, le coton leur procurait alors des ressources suffisantes pour vivre. La vente de celui-ci étant devenue de plus en plus difficile face à d'autres pays producteurs, ils se sont tournés vers le potager. En février 2007 nous est parvenue l'excellente nouvelle d'une exploitation totale des parcelles. La récolte d'un des agriculteurs, mis à part sa consommation personnelle, lui a même rapporté plus que sa production de coton. Ce succès a eu un certain retentissement sur l'aire sanitaire de Siralo tant et si bien que tous les villages veulent créer leur potager.
Pour faire face à ces demandes et pour pouvoir éventuellement les satisfaire toutes nous avons repensé le type de notre aide. Tout d'abord nous avons constaté que la clôture du potager de Siralo, faite avec des piquets métalliques et du grillage, était d'un coût élevé pour nous et d'un entretien difficile pour ces braves gens. En conséquence nous sommes rabattus sur une clôture faite à l'aide d'épineux et soutenue par des piquets en bois, quitte à payer une taxe minime sur l'abattage de jeunes arbres. Les économies substantielles réalisées à ce sujet vont nous permettre de doter ces nouveaux potagers de produits couteux tels que semences, produits de traitement et équipements individuels liés à la culture.
Au cours de notre mission de Novembre 2009, nous avons créé 3 potagers aux villages de Kiensere, Yamou et Tounou. Ces créations ont consisté en la fourniture de matériel de jardin, de semences, d'engrais et de produits de traitement. Les clôtures par contre sont à la charge des villageois, sur leur conseils celles-ci seront exécutées de façon traditionnelle avec des arbustes piquants pour des raisons évidentes d'économie. A ce sujet nous avons réglé les taxes prévues pour l'abattage de petits arbres nécessaires à la fabrication de piquets de soutènement de ces clôtures. Par ailleurs le potager de Siralo a reçu une dotation, engrais et produits de traitement, pour l'amélioration et la qualité de sa production.