

23 Décembre 1997, un groupe d’une trentaine de personnes venues de FRANCE arrive à SIRALO. Le voyage en avion, en bus et en « bâchée » aura duré 20 heures pour une distance de plus de 5000 Km entre BORDEAUX et le BURKINA FASO.
Le village est perdu au fond d’un chemin de brousse, les derniers « blancs » sont partis en 1907 laissant derrière eux la langue française et beaucoup d’incompréhension.
Pour une majorité d’enfants et de femmes de ce village, le blanc est un personnage totalement inconnu sauf dans les récits des vieux qui narrent la colonisation.
Les regards sont aussi ronds qu’interrogatifs ! Les « toubabous » viennent construire une maternité !
Après 12 jours, la maternité est sortie de terre, c’est le seul bâtiment en dur des 7 villages du secteur de SIRALO qui comptent environ 8000 âmes. Pour la première fois, beaucoup marchent sur du béton !
Le contraste est frappant entre l’enthousiasme de ces déshérités et leurs statuts d’oubliés.
Pendant le séjour, il est très facile de comprendre le dénuement qui nous entoure. Les hardes portées par quelques adultes sont tellement usées, qu’elles ne cachent plus les plaies mal ou pas soignées.
Les enfants, pour la plupart nus ou presque, trimbalent leur maigreur qui en dit long sur leurs conditions de vie. Les ventres ronds synonymes de maternité non contrôlée ou de malnutrition sont légions …
« La fin de l’après midi approche à SIRALO, il fait 38°. Un nuage de poussière monte du village, des cris de femmes et d’enfants nous parviennent très distinctement, ce ne sont pas de toute évidence des manifestations de joie. La poussière se pose au milieu de nos tentes, une maman nous tend son bébé, il vient de tomber dans une marmite de bouillie deTô. Son corps est brûlé à 60%, l’hôpital le plus proche est à 1 h 30 de piste. La mobilisation du groupe est telle que, vouée à une mort certaine, Mamou est aujourd’hui une jolie petite fille âgée de 10 ans. »
Marqués par l’aventure qu’ils venaient de vivre, certains membres de l’association TIVOLI SANS FRONTIERE souhaitaient aller au-delà de la simple construction du complexe de santé, qui avait démarré fin 1997 début 1998. En plein accord avec cette dernière, ils montaient un projet sanitaire sur SIRALO. Pendant 2 ans, de 1999 à 2000, ils vont s’investir dans l’achèvement et l’équipement du complexe de santé, les soins, les filtres à eau, les latrines, les puits et enfin dans le soutien scolaire.
L’association de tutelle s’étant engagée dans d’autres villages, il a fallu donner un cadre juridique aux actions sur SIRALO, c’est ainsi qu’est née :
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