L’école primaire a été construite par les villageois en 1987 grâce au don d’un particulier. Le matériel scolaire et le mobilier, fournis à l’époque par l’État, sont aujourd’hui hors d’âge. Ne pouvant offrir aux enfants une scolarité normale, du fait du manque de supports pédagogiques, l’école était de moins en moins fréquentée, en effet les parents constatant le peu d’intérêt marqué par les enfants pour l’école préféraient les envoyer aux champs où ils étaient plus rentables . Consciente de ces carences l’association a décidé de relancer l’éducation au village. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur une équipe pédagogique dévouée et compétente et prête à s’investir totalement.

Cette école comprend 6 niveaux répartis en 3 classes:

*CP1-CP2

*CE1-CE2

  *CM1-CM2

Le Cours préparatoire a 2 niveaux contrairement au système éducatif français, en effet les enfants ne parlant que quelques mots de français doivent faire beaucoup d’efforts pour progresser dans notre langue.

Trois instituteurs assurent les cours et l’encadrement, le directeur a en charge le dernier niveau et prépare les enfants au certificat d’études primaires ainsi qu’à l’examen d’entrée en 6ième. En 2002 le nombre total d’élèves est d’environ 86 et se répartit ainsi : 60 garçons et 26 filles, ces dernières sont peu nombreuses car elles sont plus utiles chez elles pour élever les petits frères et sœurs ou pour travailler aux champs.

cuisine

Une cuisine scolaire, non pas une cantine, permet de préparer les repas des enfants. Tous les midis ils ont un repas chaud qu’ils emportent chez eux au village, sauf ceux qui viennent du village voisin de YAMOU et qui ne peuvent pas rentrer à cause de la distance excessive et de la chaleur accablante régnant à cette heure de la journée. Cette situation d’éloignement de ce village est préjudiciable à la fréquentation de l’école. L’association sohaite la construction d'une école afin de palier à cet inconvénient et de permettre la scolarisation de beaucoup plus d’enfants. Le menu est toujours le même: semoule et huile. Ces denrées sont fournies par le gouvernement, leur acheminement est à la charge de l’association des parents d’élèves ou A.P.E. En cas de pénurie dans l’approvisionnement des denrées l’A.P.E. doit faire face. La préparation des premiers repas distribués aux élèves était faite bénévolement par les femmes des responsables de l’A.P.E., rapidement un emploi a été créé pour libérer celles-ci.

L’apprentissage de notre langue se fait surtout par la lecture, dans la majorité des cas les parents ne parlent pas le français donc les enfants ont un vocabulaire restreint, ils ne connaissent que quelques mots glanés à la volée. Nos livres scolaires de lecture sont inadaptés à cette pratique, conscient des difficultés éprouvées par ces élèves le gouvernement du Burkina a fait imprimer des livres plus à leur portée gravitant autour de leur vie de tous les jours. Les livres que l’on envoie sont regroupés au sein d’une bibliothèque récréative, les plus curieux peuvent emprunter ces livres. Imaginez que le thème du livre tourne autour de la neige, du ski, du gel….que de questions restent en suspens! Il est fort probable qu’ils abandonneront sa lecture rapidement ! L’association Mamou a donc acheté 120 livres neufs de lecture espérant que l’effectif de l’école atteindra ce chiffre rapidement.

 Parallèlement à cet achat, grâce à un conteneur envoyé de FRANCE, nous avons pu leur fournir des ardoises, des cahiers, des crayons, des gommes, des stylos à bille, des dictionnaires, des jeux éducatifs en nombre….. une armoire pour ranger tout cela. L’école ainsi équipée a pu, en fin de scolarité 2002-2003 présenter 14 enfants au certificat d’études primaires, 13 ont étés reçus. Un tel résultat ne s’était jamais vu au village et nous incite à poursuivre notre effort dans ce domaine. Nous avons expédié récemment du mobilier scolaire, bureaux pour les instituteurs pupitres pour les enfants, il permettra d’équiper 2 classes à la rentrée 2003. 

Se préoccuper du primaire c’est bien mais que deviennent les élèves après ce certificat d’études? Quelques uns arrêtent là n’ayant pas le goût de continuer ou estiment qu’ils en savent assez pour gérer leur production de coton. Bien souvent les parents n’ont pas les moyens financiers pour les envoyer au collège. L’entrée en 6ième est soumise à un examen, en cas de réussite les frais de scolarité sont réduits 25,92 € (170 FF), il est toujours possible d’accéder au collège sans examen mais les frais sont plus élevés 48,78 € (320 FF). A ces frais s’ajoutent le logement et la nourriture, le collège est situé à Safané, il est très difficile à ces agriculteurs aux revenus modestes de pouvoir assumer de tels frais. L’association a décidé d’intervenir financièrement pour ces entrées en 6ième et pour trouver un pensionnat car bien souvent les familles «d’accueil», parents ou autres, utilisent ces enfants pour leur faire exécuter les corvées les plus ingrates. Logés en internat à la mission catholique, seul établissement fournissant un hébergement. L’A.P.E. ayant donné son accord malgré la possible différence de religion, ils pourront travailler en toute quiétude avec l’aide des missionnaires. En tout état de cause le redoublement de la 6ième ne sera pas renouvelé sauf cas exceptionnel, en effet les enfants sont placés en condition idéale pour faire une bonne année. Les frais de scolarité pour la 5ième  sont moins élevés, pour l’instant nous ne savons pas si nous pourrons les aider efficacement. C’est la première année que nous parrainons des scolaires et voulons nous donner le temps de la réflexion.

Novembre 2003

Une heureuse surprise attendait les missionnaires arrivant à pied d’œuvre, les effectifs de l’école primaire étaient passés de 86 à 133 soit une augmentation de 50%. Cette augmentation dépassait nos prévisions les plus optimistes et créait des problèmes accrus tels que l’insuffisance des supports pédagogiques, l’éloignement de certains…..Beaucoup de ces nouveaux élèves ont intégré le CP1 qui compte 65 enfants, avec ceux de CP2 la classe de CP a un effectif global de 78 élèves (mais oui!), nous souhaitons beaucoup de courage à l’instituteur. La seconde surprise a été de constater qu’au CP1 il y avait 39 filles et seulement 26 garçons, serait-ce une évolution de la condition féminine ?

De généreux donateurs nous ont permis de sponsoriser 12 enfants du village scolarisés aux collèges de SAFANE. Les frais de scolarité, élevés pour ces parents aux faibles ressources, ont été réglés pour tous ainsi que le pensionnat pour certains. Nous les avons soutenus de la 6ième à la 4ième et nous attendons en retour un travail sérieux. Suivant les résultats et nos futures possibilités nous verrons éventuellement à proroger cette aide. La mise sur pied d’un parrainage effectif depuis le primaire se heurte à la difficulté de choisir les filleuls, faut-il aider les plus déshérités parmi les déshérités ou favoriser les plus brillants? Il faudra s’en remettre aux locaux pour nous aider dans ces choix délicats.

Fin Février début Mars 2004

Au cours de cette mission nous avons longuement évoqué la situation difficile des écoliers de YAMOU, en particulier pour les plus jeunes, en raison de l’éloignement du village de l’école de SIRALO. Après des discussions avec l’inspecteur chargé du primaire, celui-ci nous a donné l’assurance de nommer un enseignant rapidement si les villageois construisaient une classe de CP (CP1-CP2) même provisoire et trouvaient un logement pour l’instituteur. M.S.P. s’engageait alors à aider les habitants à construire cette classe en dur.

Décembre 2004

Nous avons appris fin Septembre 2004 que la classe ouvrait ses portes comme convenu et que l’enseignant était en poste. Dès notre arrivée sur les lieux nous sommes allés à YAMOU voir cette classe.

Vue générale de la classe provisoire  de  CP ( CP1-CP2 ).

La construction est en «Banco amélioré» ou briques de terre mélangée avec des débris végétaux servant de liant. Malgré l’état provisoire de cette classe les abords sont propres et accueillants, au sol avec des cailloux blanchis figure l’inscription : BIENVENUE A YAMOU. On remarque aussi le mât permettant tous les matins la levée des couleurs, au pied de celui-ci l’étoile de leur drapeau national.

Les bancs et tables sont eux aussi en terre, mais malgré cet inconfort la classe affiche complet (52 élèves). Certains enfants du même âge ayant frères ou sœurs allant à l’école de SIRALO sont obligés de continuer à fréquenter celle-ci.

Au cours de la visite du Préfet à YAMOU il a été envisagé la construction de cette classe en dur ainsi que du logement de l’enseignant.  Les décisions suivantes ont été prises: M.S.P. financera la classe de CP ainsi que le magasin de rangement attenant, le Préfet prenant à sa charge le logement.

Le soutien scolaire des enfants fréquentant le collège a été maintenu dans la même optique que l’année dernière. Nous avons aidé les enfants déjà scolarisés l’année passée et ceci jusqu’en 3ième , par contre nous avions exclu les enfants n’ayant pas réussi l’examen d’entrée en 6ième, par souci financier. Au sujet de ce soutien une réunion s’est tenue entre les parents d’élèves (A.P.E.), les enseignants du primaire et M.S.P. Il en ressort que le collège est ouvert à tous, l’examen d’entrée est une forme d’obtention de bourses (les frais de scolarité sont moindres) toutefois cet examen ne serait pas forcément significatif du niveau scolaire de l’enfant paraît-il ?? Les parents ne comprennent par pourquoi on aide des élèves déjà «favorisés». Le directeur du primaire est indirectement tenu pour responsable de nos choix, il est soumis à une pression anormale. D’autre part, nous pensions que le fait d’être logé chez l’habitant ou un parent était préjudiciable au travail en retour l’enfant devant aider ses logeurs dans différentes tâches ménagères. Généralement en raison de la gratuité de l’accueil il est considéré par tous comme normal que l’enfant aide au fonctionnement de la maison. Si la pension peut être économisée on se dirige vers une allocation identique pour tous, ce qui nous permettrait sur les économies réalisées d’aider aussi ceux des 6 écoles et 7 villages de l’aire sanitaire de SIRALO voulant fréquenter le collège. Par ailleurs ceci rejoint notre conception des choses, tout payer à certains est une erreur il faut aussi que les parents s’investissent dans l’avenir de leurs enfants.

Novembre 2005

 La rentrée 2005-2006 s'est faite au collège grâce à l'association locale A.D.S.Y. (Association pour le Développement de Siralo et de Yamou), créée avec le concours de MSP qui a vu le jour en début d'année. Cette association regroupe en son sein des natifs de ces villages résidant à Bobo-Dioulasso et des villageois. Nous avons donc demandé à cette association , aux parents d'élèves et au directeur de l'école primaire de régler ce problème de soutien aux élèves du collège. Ils ont donc appliqué à la lettre les remarques qu'ils nous avaient faites précédemment et traité les cas spécifiques. 

Les économies ainsi réalisées ont permis de subventionner les écoles primaires qui en avaient bien besoin, la fréquentation de l'école est souvent liée à un problème financier, en effet les parents sont souvent dans l'impossibilité de payer les fournitures scolaires.. Notre enquête nous a permis de recenser 615 élèves sur l'aire sanitaire de SIRALO et de constater qu'il y avait parité absolue entre garçons et filles ce qui n'a pas manqué de nous étonner..et nous rassurer sur la volonté de ces dernières d'accéder au savoir.

Le village de YAMOU a vu sa première classe achevée et a abandonné son école provisoire, un don des sapeurs pompiers de BELIN-BELIET (33) nous a permis d'équiper la classe en tables-bancs neufs. Les élèves aide soignantes de l'hôpital Jean HAMEAU de LA TESTE DE BUCH (33) ont organisé une tombola et on fait un don important pour la construction de la seconde classe. Les autorités ont alors prévu de financer la troisième classe de façon à posséder un groupe scolaire complet.

Novembre 2006

                La rentrée au collège s'est effectuée dans de bonnes conditions sous la direction d'A.D.S.Y. et avec l'aide de M.S.P. Les 2 dernières classes de Yamou sont en cours de finition et seront opérationnelles pour la rentrée 2007-2008 et les enseignants nommés.

                L'aide accordée aux écoles primaires a confirmé notre hypothèse sur le fait que la fréquentation de l'école était liée à un problème financier. En effet, l'aire sanitaire compte désormais 755 élèves soit un accroissement de 140 enfants ! Réjouis par notre bonne analyse de la situation
, nous avons déchanté quand nous avons constaté que finalement nous avions aussi créé des problèmes. Les tables bancs, le mobilier, le matériel pédagogique, les livres, les crayons et le reste font défaut, nous avons réduit notre aide financière à ces écoles pour palier en urgence à quelques uns de ces manques. Il nous restera une quarantaine de tables bancs à acheter.

           Par ailleurs, nous sommes de plus en plus sollicités sur les problèmes liés à l'éducation. Pour l'entrée au collège nous n'aidons que les enfants de 2 villages (SIRALO et YAMOU), évidemment les autres villages souhaiteraient que nous étendions notre aide à leurs collégiens ( une trentaine d'enfants sont concernés). Les adultes sont également demandeurs d'alphabétisation et il faudrait alors électrifier à l'aide de panneaux solaires au moins une classe par village.

              Devant l'ampleur du problème financier qui se pose, nous avons demandé l'aide de sponsors qui nous l'espérons, pourront nous aider ponctuellement. Nous souhaitons que les A.P.E. puissent nous épauler financièrement en pratiquant une activité génératrice de revenus. Nous avons pensé à l'apiculture car le miel est rare sur le marché et d'un prix élevé.

                Juillet 2007
                
                Un jeune, issu de SIRALO, que nous avons épaulé depuis le CEP, vient de réussir son Bac Technique Électronique et demande notre appui pour entrer à la faculté afin de préparer un DEUG. Son parcours exemplaire, pour un enfant né en brousse, est une satisfaction pour nous et nous incite à prolonger notre action.

                 Novembre 2007

                    L'association a été sollicitée plusieurs fois par les instituteurs pour installer des éclairages dans les écoles afin, le soir, d'aider les élèves dans leur travail et dans la préparation des examens. Eux mêmes souhaitaient préparer leurs cours du lendemain tranquillement, les parents d'élèves eux voulaient pouvoir se réunir après les travaux des champs qu'ils quittent à la tombée de la nuit. Un soir nous avons vu des enfants apprendre leurs leçons à la lueur d'une ampoule installée près de notre campement et alimentée par notre groupe électrogène. Nous avons alors compris que cela répondait réellement à un besoin, la seule question qui nous préocupait, en dehors du financement, était un problème de maintenance. Après l'avoir solutionné nous avons décidé d'équiper une classe dans les villages de Siralo et de Yamou, après examen de l'exploitation qui en a été faite, nous envisageons d'équiper les 4 autres écoles.

                    Mai 2008
                       
                       Suite à la grave crise alimentaire qui a affecté les pays émergents nous avons reçu une demande de secours des écoles de l'aire sanitaire, les cuisines scolaires étaient totalement démunies. Pour que les enfants aient au moins un bon repas par jour nous avons expédié une somme importante pour l'achat de riz...

                    Mai 2011

                    Lors de notre séjour de décembre 2004 nous avons examiné la possibilité de donner un coup de pouce aux 6 écoles primaires de l'aire sanitaire de Siralo. Une analyse globale des besoins nous a permis de mettre sur pied un projet d'aide adapté qui a été mis en place à la rentrée 2005-2006. A cette époque les 6 écoles avaient un effectif de 615 élèves, à la rentrée 2010-2011 il était de 1068 soit un accroissement de 73% en 5 années. Par ailleurs la parité filles-garçons a été maintenue, à quelques unités près.
                  Notre aide a consisté en la construction de classes ainsi que de logements pour les institeurs, en la fourniture de mobiler ( tables-bancs, armoires, bureaux...),en la dotation de matériels scolaires (livres, cahiers, ardoises, crayons..), en la subvention de la cantine scolaire et enfin en la préservation des lieux scolaires par des travaux divers (réfection de tableaux de toitures et de sols, construction de latrines ainsi que la mise à disposition de filtres à eau... ) . Tous ces efforts nous ont amené à supprimer l'aide aux collégiens de Siralo car nous n'étions pas en capacité financière d'aider tous les collégiens de l'aire sanitaire. Si nous avions persisté à n'aider qu'un village cela aurait créé des problèmes.
                   Si l'accroissement des effectifs, accompagné d'une remarquable parité filles-garçons,  peut être considéré comme un succès lié à notre action, il y a un revers à la médaille : les classes sont surchargées. Il a été décidé de passer d'un système de 3 classes à 2 niveaux à un système de 6 classes à un seul niveau. Déja pratiquement on a dédoublé CP1 et CP2 dans les écoles, suivront sans doute dans un proche avenir les CE1 et CE2 et enfin les CM1 et CM2 car de plus en plus d'enfants sont concernés par leur évolution au sein de l'école. En concluson, il faudra plus d'instituteurs, plus de logements pour eux, plus de classes, plus de mobilier etc...l'association ne sera sans doute plus en mesure de suivre l'évolution du système scolaire, normale au demeurant, elle souhaite que l'état puisse assurer complètement l'avenir de "ses" enfants.


  

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