APICULTURE







Pourquoi avoir choisi l'apiculture comme source de revenus ? Tout simplement , c'est une activité qui a 2 impacts ; économique certes mais également et nous le souhaitons, de santé. En effet au niveau des enfants souffrant de dénutrition (malheureusement cela existe), une cuillerée de miel ne peut être que bénéfique. Le miel est une denrée rare au BURKINA, ce qui explique son prix élevé. On peut penser de prime abord que cela est dû au peu d'arbres à fleurs existants et le paysage incite à cette déduction hâtive. Toutefois, lorsque l'on s'approche d'un point d'eau on remarque rapidement la présence de milliers d'abeilles venues boire. Nous avions amené de France deux ruches pour montrer à nos amis comment elles étaient faites, déposées dans la cour de la mairie de BOBO DIOULASSO, le temps de quelques paroles de bienvenue à notre association, elles étaient en passe d'être habitées et nous avons eu beaucoup de peine à les récupérer. Donc il y a des abeilles, par contre la production de miel est déficitaire !!!


Pour accéder à la récolte de miel et en l'absence de vêtements de protection, on brule les abeilles et on casse la ruche. Évidemment en plus de la destruction des travailleuses on devine que ce type de procédé reste artisanal et très aléatoire quant à la rentabilité.

Ruche locale


Notre projet concerne les 6 Associations de Parents d'élèves (A.P.E.). Nous avons estimé que chaque APE devait pouvoir gérer 10 ruches, c'est donc un parc total de 60 ruches qu'il faut fabriquer et mettre en service. L'atelier de menuiserie (voir projet socio-éducatif), dirigé par le directeur de l'école de SIRALO, Daouda TARNAGDA va donc s'atteler à la tâche, un certain nombre d'entre elles seront prêtes pour le mois de septembre, mois favorable à l'essaimage.


Ruche de type kenayne sur son support métallique, celui-ci évite aux termites d'accéder et de détruire l'habitacle

Ruche en cours de montage, une largeur de 2 cm de cire gaufrée est fixée sur chaque cadre. Cette technique économique oblige les abeilles à construire le reste des alvéoles mais retarde d'autant la récolte de miel.

Vue d'une ruche habitée et d'un des cadres "achevés" par les abeilles

Abeilles africaines en pleine activité



Les ruches étant prêtes, il faut s'équiper en particulier de matériel de protection. Les apiculteurs sur chaque site vont travailler en équipe de 2, donc il faut prévoir pour les 6 sites 12 équipements de sécurité: combinaisons, bottes, gants... Le reste du matériel concerne la récolte du miel ou la préparation des ruches : appareils pour enfumer, lève-cadres, brosse à abeilles, charme abeille, cire gaufrée, égouttoirs, couteaux...


Présentation d'une combinaison de protection offerte par
Mamou Solidarité Partage

en présence de Monsieur le Préfet de SAFANE

Don de Mamou Solidarité Partage d'un extracteur manuel
permettant une récupération du miel plus complète qu'avec les couteaux



Ce projet est estimé à 4.422,85 Euros et sera financé à 50% par le Conseil Régional d'Aquitaine et à 50% par Mamou Solidarité Partage. L'association locale A.D.S.Y. est chargée de suivre le projet. Et la formation des futurs apiculteurs dans tout ça ? Elle sera assurée par le directeur de l'école de BOMBOÏLA diplômé en apiculture.


Formateur

M. David ZAGRE

Cette expérience va réussir, nous en sommes persuadés, elle devrait déboucher sur une seconde phase qui se traduira par le traitement des produits de l'apiculture : gelée royale, pollen, propolis... Augmentant la possibilité des A.P.E. et éventuellement des villageois de diversifier leurs sources de revenus.

Le projet a effectivement démarré au second semestre 2007 par la construction de 30 ruches qui ont été réparties à raison de 10 dans les 3 villages de Siralo, de Yamou, et de Bomboïla. La formation des futurs apiculteurs a pris un certain temps ainsi que la mise en place des ruches dans des sites choisis avec soin. La colonisation par les abeilles ne s'est pas faite non plus instantanément, mais malgré tout la collecte du miel de mars-avril 2008 a permis de récolter sur les 3 sites 151 kilogrammes. Ce résultat très encourageant nous laisse espérer une production annuelle de 100 kilogrammes par village quand les choses seront bien établies.
Les 30 ruches restantes, fabriquées durant le premier trimestre 2008, ont équipé les villages de Tounou, de Bara Yankasso et de Kiensere. Leur première grande récolte se fera donc en mars-avril 2009.
La production de miel étant en place il va falloir s'attaquer à la commercialisation de ce produit. En effet il est actuellement vendu 400 Fcfa (0,61 €) le kilogramme, ce qui ne représente que 40 000 Fcfa (61€) de revenu pour chaque APE. Correctement présenté et traité il pourrait rapporter 3 fois plus.

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